Le projet d’une future ordonnance européenne de saisie conservatoire
Cette proposition vise à :
Il serait ainsi institué une procédure autonome de saisie conservatoire sur compte bancaire, en principe non contradictoire, qui aurait vocation à s’appliquer pour des « créances pécuniaires en matière civile et commerciale ayant des incidences transfrontières » et qui permettrait à un créancier de bloquer les fonds détenus par son débiteur sur tout compte bancaire situé dans l’Union Européenne.
La créance objet d’une telle saisie devra toutefois réunir deux conditions :
L’OESC sera délivrée dans des délais très courts :
La proposition présente un mécanisme particulièrement innovant : si le créancier ne dispose pas de toutes les informations sur les comptes bancaires de son débiteur, il pourra l’indiquer dans sa demande, et l’Etat membre d’exécution devra prévoir un mécanisme d’obtention des informations bancaires.
L’OESC sera transmise directement par l’autorité responsable de la notification ou de la signification dans l’Etat membre d’origine à l’autorité compétente dans l’Etat membre d’exécution. L’exécution de l’ordonnance s’effectuera par la signification ou la notification à la banque qui met en œuvre l’OESC, puis la signification ou la notification au débiteur de l’OESC « à bref délai ». La banque devra bloquer la créance « immédiatement ».
Le débiteur pourra former une demande de réexamen devant la juridiction qui a délivré l’OESC, dans un délai de 45 jours « à compter du jour où le défendeur a effectivement pris connaissance du contenu de l’ordonnance et a été en mesure de réagir ». Le débiteur pourra également former un recours devant le juge de l’Etat membre d’exécution pour obtenir une limitation ou suspension de l’exécution, où demander l’annulation de l’ordonnance si le demandeur n’a pas engagé de procédure au fond dans un délai de 30 jours à compter de sa délivrance.
La saisie conservatoire européenne viendrait ainsi s’ajouter aux autres procédures disponibles pour les créanciers européens (le titre exécutoire européen et l’injonction de payer européenne). Le projet devrait faire l’objet d’une première lecture devant le Parlement Européen avant la fin de cette année.